Passer au contenu principal

Hommage au Dr Rabeh

Geesiga cartamayiyo (1),
Gabadh laga dhur-sugayiyo,
Gadh-cadaadi taliyiyo,
Sabigaan gu' wali jirin,
Gabigeen insaanoow,
Geeri baan u naalaa.


Ruuxba malin buu gu'i !

Guulloow taada weeyee,
Cumar waakii guusee,
Gobanimo u soomee,
Geed walba u fuulee,
Guumaysi diidee,
Naga guur ku yidhiyee,
God madaw u galayee,
Gaajiyo harraad badan,
Guntiga u adkaystaye...

Guushii markay timi,
Ee wadankii u soo galay,
Guuleed iyo xertiisii,
Waa kuwii gilgilay ee,
Ka goo-gooyay kaarkee (2)
Dabeed gagada wadhay ee,
Gabaahiir ku tuuray e,

Guulloow Allahayoow,
Geesigaasi naga baxay,
Garabkii ambiyadiyo,
Geedihii Fardawsaad,
Goob ka mida u sii gee,
Gogoshiisa aakhiro.

La terrifiante nouvelle m'est parvenue le mercredi 17 avril 2013 aux environs de 10 heures (heure locale d'Ottawa). Le Dr. Omar Osman Rabeh (né Omar Malaw) s'était éteint dans un hôpital de la capitale égyptienne, suite à une longue maladie. Omar (AHUN) venait de mourir apatride (3), lui qui n'a jamais épargné la moindre énergie pour la libération nationale ou pour toute autre cause qui lui tenait à cœur.

Sans demander plus, j'ai posé le téléphone et me suis assis en répétant inlassablement «innaa Lilaah wa inna Ileyhi rajicun». Je suis resté dans la même posture pendant environ 30 minutes avant de retrouver mes esprits et de reprendre le cours de mes activités du moment. Depuis, je cherchais quoi dire sur ce grand héros qui venait de nous quitter et surtout... comment le dire. Plus de 3 semaines viennent de passer, nous sommes le 8 mai, 36ème anniversaire du référendum pour l'indépendance de notre pays et... je suis toujours presque bouche bée. Que dire? Comment?

Le présent court article a été écrit dans cet état d'esprit. Il se veut un hommage au combattant inlassable pour la liberté de son peuple, au père de famille, à l'écrivain, à l'enseignant et au philosophe idéaliste que fut le Dr Rabeh. Oncle Omar (C'est comme ça que je l'ai toujours appelé) fut l'idole de toute une génération à laquelle j'appartiens c'est pourquoi, même si j'essaierai d'être objectif, tout ce que je vais dire de lui sera de temps à autre emprunt d'émotion. Que la lectrice ou le lecteur me le pardonne.

Avant de continuer, je me joins à la communauté pour dire Samir iyo imaan à sa famille au sens le plus large, à son épouse Zeinab, à ses enfants et à ses amis. Puisse Allah leur donner toute la force devant l'épreuve et puisse Allah Le Miséricordieux placer le marxuum parmi les récipiendaires de la Janat-al-Fidaws. Amiin.

Qui était (AHUN) Omar Osman et quel était son combat?

Sa biographie est connue de presque tous les djiboutiens. Il l'a écrite lui même dans l'une de ses œuvres (Le cercle et la spirale, Paris: Les lettres libres, 1984). Je ne reviendrai donc pas sur certains détails. Je limiterai cependant à certaines parties de sa vie et notamment à un résumé de son combat. Cela nous aidera, je crois, à avoir un portrait global assez complet du personnage et cela redonnera sa vraie place à ce héros que certains s'étaient dépêchés de salir depuis son retour à Djibouti.

Depuis sa plus tendre jeunesse, on peut dire que le Dr Omar Osman (AHUN) était de tous les combats que ça soit à Djibouti ou en Somalie.

Jeune élève-infirmier, il s'était engagé dans la politique vers le milieux des années 60.  Accusé d'un meurtre sur la personne de Ali Aref Bourhan, le chef de file des groupes «oui à la France» devenu président du conseil du gouvernement du Territoire à la suite  du référendum truqué de 1967 (cf. Wikipedia en anglais) et condamné à mort (peine commuée «à la perpette» malgré une faute de preuve) il fut libéré en 1975 par un commando du FLCS (Front de Libération de la Côtes des Somalis) en échange de l'ambassadeur de France à Mogadiscio de l'époque, un certain Jean Gueury. Omar restera donc en Somalie et rejoindra cette organisation armée dès sa libération pour faire partie de l'exécutif.

Il ne restera pas longtemps en liberté car il sera de nouveau emprisonné par Siad Barreh quelques jours avant la tenue de la «Table ronde» sur l'indépendance de Djibouti organisée à Paris par la France et la Somalie, le 28 février 1977, «afin que les protagonistes de l’intérieur comme de l’extérieur  puissent se prononcer sur les modalités de l’accession à l’indépendance ». Aussi incroyable que cela puisse paraître, seuls La France, Syad Barré, Hassan Gouled (+ une délégation de béni oui oui) et Aden Robleh (qui avait trahi ses compagnons d'armes pour des considérations claniques) ont convenu de ces modalités! Les indépendantistes purs et durs, et notamment ceux qui avaient accompli tous les hauts faits d'armes contre la puissance coloniale, ont été purement et simplement écartés au dernier moment. Comme d'autres leaders de cette organisation arrêtés par Syad Barré, Omar a été détenu jusqu'en février 1978. Pourquoi? Pour avoir tout simplement crié à l'imposture!

À son retour au pays, il fut nommé professeur puis directeur-adjoint (sous les ordres d'un certain M. Cassang (un «coopérant» français) au Cours normal de Djibouti. Quand le Cours normal devint l'École normale de Djibouti (L'actuel CFPEN – Centre de formation professionnel des personnels de l'éducation nationale) le regretté en fut promu 1er directeur djiboutien.

Dans un pays fraîchement indépendant, auquel il avait donné ce qu'il avait de plus précieux (sa jeunesse et même sa vie) et où presque quiconque qui pouvait baragouiner «oui, moussié» était promu aux plus haute fonctions de l'État, la nomination à un poste de fonctionnaire moyen, soit dit en passant, largement méritée, échappait néanmoins à toute rationalité. Lui qui avait soutenu avec brio une thèse de doctorat en prison (SVP!) se retrouvait et se sentait, je crois, être servi dans la gamelle du chien (qabaalkii ayga) (4). Et pour ajouter l'insulte à l'injure, son patron (qui devint son adjoint par la suite) et la très grande majorité du corps professoral était des expatriés étrangers se pavanant comme dans un genre de «Club Méd» permanent. Oui, comme au Club Méd! Car ces gens étaient pour la plupart presque tout le temps en sandales, chemise de plage, short et Ray Ban. De plus, la grande majorité se faisaient un malin plaisir à rapporter les moindres faits, gestes, mots, etc. du Dr Rabeh à leur employeur: la Mission diplomatique française qui, expédiait une copie soigneusement annotée à la présidence djiboutienne chargée de mater les initiatives nationales et récompenser les moutons. Je pense que l'on peut imaginer le reste du tableau... Comme bien d'autres au ministère de l'éducation nationale, Omar était très mal à l'aise!

Fin 1981, le défunt (AHUN) rejoint quelques laissés-pour-compte comme lui (parmi eux, Ahmed Dini Ahmed, Mohamed Ahmed Issa «Cheikho», Moussa Ahmed  ldriss, et bien d'autres) pour fonder un parti mort-né: le PPD (Parti populaire djiboutien). Et rebelote, le voilà de nouveau en prison puis, chose incroyable mais vraie, déchu de la nationalité djiboutienne par Hassan Gouled et ses proches!

Apatride, le Dr Rabeh est vite récupéré par ceux-là même qui avaient livré aux hyènes son pays et son peuple: la France et la Somalie de Syad Barré. La France gagnait sans doute à acheter la paix à son protégé Gouled et Syad Barré pensait sans doute que ce pansomaliste convaincu pourrait l'aider à redorer son blason car le navire prenait l'eau de toute part. Naturellement, ce mariage de circonstance ne fit pas long feu.

C'est seul, sans aide aucune et armé de son inébranlable foi que cet indomptable héros atterrit en 1992 en cette «terre d'opportunité» qu'est l'Amérique du Nord et plus précisément au Canada. Il installera sa famille à Ottawa et fondera même une école qu'il baptisera «Ibn-Batouta» en quelques années. Il fréquentera à l'occasion certains milieux politiques somaliens. 


Mais, en décembre 2006, quand les abyssins entrent en terre soomale sous prétexte de «chasser les islamistes» (des Tribunaux Islamiques) ni une, ni deux, son implication dans ce dossier devient quasi exclusif et intégral. Le Dr Rabeh entame son dernier combat: la libération de la terre soomale et la restauration de la normalité dans ce pays. C'est à l'occasion de ce dernier combat que sa route croise celle d'individus au dessein inavoué. À leur contact, Omar change radicalement. Tout d'abord son discours. Il enregistre des vidéos incendiaires dans Youtube. Il laisse tout derrière lui et se joint à un groupe de soi-disant religieux somaliens, soutenus à l'époque par le régime érythréen.

Fin 2007, la plupart des barbudos somaliens qui étaient avec lui à Asmara sont rachetés un par un par le régime du warlord Cheikh Sharif («Sheekh Sarrif», «Cheikh monnaie» en langue somalie) ou ont rejoint des milices claniques. Voilà que notre Omar se retrouve de nouveau trahi, abandonné et toujours apatride  et sans le sous (il n'a jamais pu obtenir la nationalité canadienne). C'est durant cette période de grand vide qu'un Ismaël Omar Guelleh mis à mal par une opposition montante et une guerre civile larvée au Nord, retrouve la trace du Dr Rabeh.

La suite est connue et les mauvaises langues disent que le Dr Rabeh (naguère connu et respecté pour son intégrité) avait vendu son âme au diable IOG. Certains disent même que cet homme qui a bourlingué sur presque tous les continents pendant plus de 30 ans n'avait jamais eu d'âme... Mesquins!
 

Pour ma part, j'ai eu la chance de rencontrer Omar le soir même de son arrivée à Djibouti en décembre 2007. J'ai rencontré un Omar portant les stigmates du temps qui passe. Toi Omar, lui ai-je dit, surpris de le voir. Il a juste eu le temps de me répondre «Haa adeer, waa anigii». Nous fûmes interrompus et nous nous sommes quittés après les formules d'usage. À le voir, il aspirait au repos... Quoi de plus normal et mérité. Quant à moi, quelques jours après, j'ai quitté le pays.

À Djibouti, le repos de guerrier ne fut que d'environ 4 ans car il y a environ un peu plus d'un an, à la suite d'une brouille avec IOG, Omar tombe malade et se rend en Égypte pour se soigner. Mauvais cavalier, le dictateur en profite pour le suspendre de ses fonctions et... lui couper même les vivres! Malade, sans salaire, sans couverture médicale décente, au Caire...

C'est dans ces conditions de quasi dénuement que, après plusieurs traitements infructueux, ce grand héros de la libération nationale a rendu l'âme. Et, ironie du destin, dans un pays qui n'est pas le sien.

Chose surprenante, sa dépouille a été rapatriée à Djibouti par un vol spécial et enterrée vers deux heures du matin. Étaient présents quelques proches et certains dignitaires proches de Guelleh triés sur le volet. Pourquoi? Il fallait le soustraire aux regards de la population, sans doute car à Djibouti, on ne doit voir que IOG et personne d'autre, héros ou pas!

IOG aurait-il payé les frais? On est trop proche du deuil pour poser cette question aux proches. Une chose est sûre toutefois: quelques brefs articles ont été publiés dans les média du régime et quelques mots de condoléances (et gestes?) du  Palais on été enregistrés.

Mais, connaissant IOG, même s'il est clair qu'on ne peut parler d'amitié, ni de reconnaissance ni même de compassion, il n'en demeure pas moins que le geste de rapatriement du corps du Dr Rabeh et quelques mots ici et là, ça doit être apprécié à sa juste valeur même quand c'est de la pure récupération! Et surtout quand on compare cela au silence suspicieux de l'opposition réunie sous la bannière de l'USN? 


À ma connaissance, cette organisation n'a publié aucun communiqué officiel à la mort de ce héros national. Demandez pourquoi à Aden Robleh et à Ismaël Guédi. Allez aussi poser la question à Daher Ahmed Farah et à Ahmed Youssouf Houmed, etc. Est-cela l'USN?

Voilà pour l’aperçu biographique du Dr Rabeh, Cependant, certaines autres questions restent également en suspens. Les prochains chapitres seront simplement une série de questions/réponse.

Selon les mauvaises langues, il aurait trahi son idéal... Est-ce vrai?

Pour répondre à cette question, considérons en premier chef les nombres. Le défunt nous a quitté à l'âge de 67 ans. Sur ces soixante-sept ans, il a passé moins de 10 ans à Djibouti soit moins de deux ans comme infirmier, moins de 4 ans comme professeur, directeur-adjoint puis directeur à l'École normale et enfin mois de 4 ans comme conseiller de Ismaël Omar Guelleh.

En d'autres termes, Omar a passé plus de 40 ans de sa vie dans sa quête pour la liberté, l'égalité, la justice. À titre indicatif, 40 ans, c'est environ 4/5 de la vie «utile» des hommes dans les pays riches.

Combien peuvent se targuer d'un pareil CV à Djibouti (ou ailleurs)? Une poignée de « fou » au grand maximum! Qui comme Omar (AHUN) a abandonné la facilité et le relatif confort du salaire de fonctionnaire qui rentre à chaque mois pour connaître la condamnation à la peine capitale (commué en prison à perpétuité)? Qui a connu la déportation? Combien on été déchu de la nationalité?

Quand un homme usé par le sacrifice et les privations essaie de retourner au pays pour se rendre le plus utile possible, peut-on parler de traître? Honnêtement, je crois que non. Accuser de traître l'homme qui a tant donné à son pays et à son peuple est pire de que la mauvaise foi. Je me garderai de qualifier les individus qui ont ce genre de discours au risque de leur ressembler.

A-t-il commis des erreurs de jugement?


Oui, dans le dossier somalien, en tous cas. Omar a fréquenté des gens infréquentables qu'ils connaissait très mal mais avec qui il partageait deux seules choses importantes pour lui: la Chahada et l'appartenance à la «race soomaal». Cela dit, à Djibouti, je doute qu'il a pris les belles paroles et les promesses kilométriques de Ismaël Omar Guelleh pour de la sincérité.

En définitive, un idéaliste ne calcule pas comme les autres. C'est quelqu'un qui dépense sans compter quand il pense qu'il est au service de son idéal. Je crois que ce qui paraît comme des erreurs de jugement pour beaucoup de monde est, dans le cas des idéalistes, l'équivalent des dommages collatérales que quiconque planifiant une guerre doit soupeser. Dans la vie, c'est à la guerre comme à la guerre! On prend des risques. Si on gagne on n'a que des flatteurs. Sinon, on vous jette des pierres...

Était-il naïf et/ou fou?

À cette question, la réponse est sans équivoque. Le Dr Rabeh n'était ni fou ni naïf. Pour les esprits simples, quelqu'un qui mène un combat inlassable plusieurs générations à l'avance est fou. Jusqu'au jour où il gagne (souvent après sa mort). L'histoire est riche d'illustres « fous » dont on a ri au nez de leur vivant mais dont les idées ont changé le monde même si certains de ces «fous» ont simplement fini au bûcher. Tout penseur vit un véritable dilemme :

  • rester méfiant à l'égard de son prochain (et dans ce cas garder les idées et partir avec, à sa mort)
  • ou confier ses idées à ses semblables (et dans ce cas, courir le risque que certaines se retournent contre soi.
 Pour les esprits simples, ceux qui comme Omar expriment leurs idées et vont jusqu'à vivre au seul service de leur idéal sont taxés de fou ou de naïf. En fait, je crois même que tout humain, des fois sans le savoir, vit un jour ou l'autre de sa vie avec ce genre de dilemme:
  • faut-il s'exprimer et par voie de conséquence courir le risque d'être trahi?
  • ou, ne faut-il jamais rien exprimer, seulement «écouter» les autres et par voie de conséquence courir le risque de rapporter les confessions d'autrui et donc risquer de se retrouver traître?
Risquer d'être trahi mais ne jamais trahir ni ses propres convictions ni ses proches, tel était le choix du Dr Rabeh, ce penseur visionnaire qui a vécu dans un monde qui, apparemment, n'était pas le sien.

Va, adeer, tu mérites ton repos et ta place parmi les bienheureux.

Hassan A. Aden
hassan.aden@ncf.ca
Ottawa, le 8 mai 2013
,  


À ce jour historique (36ème anniversaire du référendum pour l'indépendance) je rends hommage à un personnage historique. Mon prochain article sera une réédition d'un de mes premiers articles : "Qui est prêt  à remplacer IOG". Cette mise à jour sera intitulée : "Qui peut remplacer IOG?"


-------------------------------------------------------------------

Fin de l'article et début des notes de bas de page
-------------------------------------------------------------------

(1) Ce petit gabay (poème) que j'ai composé en langue somalie est quasi-intraduisible à cause de nombreuses références culturelles. Pour donner une petite idée à celles et ceux qui ne parlent pas cette langue, voici une traduction très approximative : 

Et le héros qui ne plie jamais,
Et la jeune femme qui promet,
Et la sage juste et intègre,
Et le nouveau-né collé au sein de sa mère,
Et nous autres qui oublions... la mort nous attendons.

Oui, un jour ou l'autre, nous expirerons!

Ô Tout-puissant, ta volonté sera
Omar avait fait don de sa force, de son aura
Il avait jeûné pour la liberté
(de son peuple)
Pour cela, sur tous les arbres il était monté
Le colonialisme, il l'avait refusé
Au colonisateur, le départ, il avait demandé
Prison et privations l'avaient toujours côtoyé...
Faim et soif l'avaient souvent accompagné
À, se serrer la ceinture, il était habitué.

L'indépendance vint ce mémorable 27 juin
Mais Gouled et ses larcins
Se partagèrent le «butin»
Pire
À Omar et à d'autres «mutins»
Il enlevèrent la citoyenneté, un matin.

Ô Tout-Puissant,
Exhausse ma prière
La mienne et celle des patriotes fiers...
À Omar, rendez la terre légère
À Omar, Réservez une place parmi les bienheureux.
 

(2)  Karkii (la Carte d'identité djiboutienne, ou CID) est la preuve de la nationalité djiboutienne, «ka goo-gooyay kaartkii» tient pour détruire cette carte. Allusion au fait le Dr. R abeh a été déchu de la nationalité par le gouvernement djiboutien.

(3)    D'après les djiboutiens vivant au Caire, même s'il n'a pas été formellement déchu de la nationalité djiboutienne (il n'était donc pas formellement apatride) il a été confirmé que le défunt était en brouille avec le régime de IOG. Suspendu de ses fonctions, sans salaire depuis avril 2012 et malade, il était hospitalisé à ses dépens en Égypte. Cette situation de précarité (être sans statut et sans ressources dans un pays étranger) justifie le fait que j'utilise le terme apatride.


(4) Ces mots ne sont pas de Omar (AHUN). Ils sont miens.

Commentaires

  1. Repose en paix Omar Osman Rabeh.
    Un vrai djiboutien viendra restaurer ton honneur et celle de tous les vrais héros de notre petite nation.

    RépondreEffacer
  2. le legitime president de la republique de djibouti en 1977.Un aristocrate, qui pouvait transcender les ethnies.Les autres , ils ont mis djibouti au tapin.

    RépondreEffacer

Publier un commentaire

Messages les plus consultés de ce blogue

Qui est quoi?

Comme je m'y attendais un peu, mon article sur les autochtones de Djibouti a provoqué une avalanche de réactions. Certaines ont été laissées en commentaires dans le blog lui-même (je vous laisse le soin d'y jeter un coup d'œil) et d'autres m'ont été envoyées directement sous forme de courrier électronique. J'ai même reçu quelques menaces (indirectes). J'ai donc jugé bon de revenir sur le sujet non pas pour changer de cap, mais pour le maintenir! Chers compatriotes, ce qui est bien dommage, c'est que la plupart des réactions proviennent de parfaits anonymes. Ce genre d'attitude me rappelle les «shadirré» , ces tristement célèbres indics qui dénonçaient les leurs aux français pendant les années de la lutte pour l'indépendance, en se cachant derrière un voile noir (shadir). Ceux qui se cachent sont des «shadirré». Rien de moins. Sinon pourquoi cachent-t-ils leurs identités? Pourquoi cachent-t-ils leurs visages et leurs noms? C'est simple.

Ottawa: Commémoration des événements du 27 septembre 1990

Le mardi 27 septembre 2011 prochain marquera le 21ème anniversaire de l'attentat du Café de Paris commis par les services secrets djiboutiens (ou plus exactement, la police politique du régime) . Cet acte de barbarie qui a coûté la vie à deux enfants et fait de nombreux blessés avait un objectif et une motivation purement et simplement politiques. Rappelez-vous, même si ça paraît déjà lointain. Les pays du bloc de l'est commençaient à s'effondrer. Le monde entrait dans une période d'euphorie où le totalitarisme et l'obscurantisme perdaient du terrain face à la démocratie (nous savons depuis, que la nature a repris ses droits!). Dans ce cadre, le gouvernement de François Mitterrand, imposait des changements politiques et structurels aux pays africains francophones. En d'autres termes, il rendait l'aide “au développement” conditionnelle aux reformes que chaque pays africain de sa zone d'influence mettrait en place, en ce sens. Résultat : l

L’attentat du Café de Paris: Chonologie des événements

Le jeudi 27 septembre 199 0, vers 19heures, 4 hommes arrêtent un taxi pour demander au chauffeur de les conduire au lieu dit «Jaman-Cas»* où ils auraient un véhicule en panne. Arrivé à destination, le conducteur est purement et simplement ligoté par les 4 passagers. Ce n’est pas tout: son véhicule fut volé par les 4 malfaiteurs. Le chauffeur, «Carrabloo» de son surnom est donc laissé attaché, là-bas. Aux environs de 21 heures, l’attentat du Café de Paris est commis. Plusieurs dizaines de personnes (essentiellement française) sont blessées à des degrés plus ou moins grave et deux enfants innocents y perdent la vie: un petit cireur de chaussures djiboutien et un petit français. Selon les premiers témoignages, ceux qui ont commis cet acte à la fois lâche et ignoble, «ont lancé plusieurs grenades et pris la fuite à bord d’un taxi». Ces premiers témoins avaient donné une description sommaire du véhicule et des ses 4 occupants. «Une recherche» est lancée… Autour de 20 heures