Passer au contenu principal

Rwanda ou ailleurs, oui au devoir de mémoire!

J'écris cette courte note en réaction à des échanges entre des amis dans le réseau Facbook car ces jours-ci, tout le monde célèbre le 20ème anniversaire du génocide rwandais où près 800.000 personnes furent assassinées. Cela est révoltant et doit être commémoré. Bien sûr.

Personnellement, j'ai des amis et collègues rwandais (qui se reconnaîtront) qui travaillaient comme enseignants avec moi à Djibouti à l'époque de cette tragédie. Avec quelques autres djiboutiens, on a fait ce qu'on a pu pour les aider à traverser l'épreuve. Bien sûr, je compatis également avec tous les peuples victimes de génocide présent ou passé (Congo, Centre Afrique, Sud Soudan, autochtones des amériques, esclaves africains, juifs, arméniens, kurdes, etc). Hélas, qu'ils soient de l'Afrique ou d'ailleurs, il y a et il y a toujours eu des peuples génocidés et des systèmes génocidaires. Il ne faut pas oublier cela ni tenter de le nier. Peu importe la couleur de sa peau, sa religion, la longueur de son nez ou de ses cheveux, son origine ethnique ou "son odeur" présumée... Une victime est une victime. Et, même animale ou végétale, la vie est sacrée. Bien sûr!

Cela dit, bien plus près de nous djiboutiens, il y a des compatriotes djiboutiens réprimés et emprisonnés pour délit d'opinion par les forces armées et la police politique de IOG. Les prisons et les hôpitaux débordent. Les disparitions se multiplient. Malheureusement, ceux qui en parlent le font souvent de façon biaisée et partisane entachant, de ce fait, la crédibilité des accusations que l'on pourrait porter contre les tortionnaires zélés des civils sans défense.

De plus, comme djiboutiens et africains de l'est, dans notre région, il y a aussi le peuple soomaal qui est devenu le punching ball de tous (américains, français, japonnais, ougandais, kenyans, éthiopiens, burundais et j'en passe...). Depuis au moins 1991, ce peuple est puni collectivement... Pourquoi? Et... en connaissez-vous beaucoup (artistes, intellectuels, philanthropes, etc.) qui en parlent ou qui expriment une quelconque compassion à l'égard de ce peuple? De facto, les somaliens (et tous les autres somalis, avec) sont punis collectivement. Par extension, nous sommes toutes et tous punis collectivement. Sommes-nous tous des terroristes ou des pirates? Mais voyons, donc! Comme on dit en bon québecois...

Partout où nous vivons, parmi nous, il y a des amis compatissants, des voisins souriants, des travailleurs infatigables, des collègues serviables et bien sûr des contrabuables consciencieux du bien-être global de leur communautés respectives. Nous ne méritons ni n'acceptons, ni le mépris, ni l'ignorance ni même la pitié. Notre humainté (imparfaite comme pour tout le monde) est pleine et entitière. Point à la ligne.

Ce que l'on fait  aux réfugiés somaliens dans les camps de concentration de Dhadhaab, au Kenya ou d'ailleurs est pire que dans les camps nazi. On doit donc en parler. Et qui doit en parler si n'est nous, les proches? Charité bien ordonnée commence par soit même (ce n'est pas de moi).

En un mot, oui au devoir de mémoire. Oui à la compassion pour TOUTES les victimes. Non à la barbarie. Non à la mémoire et à la compassion sélectives car cela est synonyme (pour moi en tout cas) de se donner une bonne conscience à peu de frais. Je dis cela car les tutsies rwandais ont gagné et tout le monde peut et veut pleurer pour et avec eux, aujourd'hui.

Pleurer pour et avec les gagnants... Elle est là, la véritable tragédie de l'humanité.

Hassan Aden
hassan.aden@halearningtech.com

Commentaires

Messages les plus consultés de ce blogue

Qui sont les autochtones djiboutiens?

J'ai lu dans un forum de Djibnet les inquiétants échanges entre les membres d'un groupe soit disant militants “autochtones”. Ce que j'ai vu dans ce forum, ne présage rien de bon. Si c'est ça la jeunesse djiboutienne, bonjour la relève... Je présume que ceux et celles (anonymes) qui veulent mettre tous les “allogènes” dehors, sont des jeunes, vu leur vocabulaire et leurs références. Je présume aussi que parmi eux se cachent de moins jeunes qui travaillent pour IOG (et qui ont pour mission de nous diviser)... Alors, j'ai décidé d'arrêter provisoirement ma série “questionnable” pour aborder ce sujet... Alors, chers compatriotes, qui sont les «vrais autochtones» de la république de Djibouti? Il faut être clair et éviter l'amalgame et les demi-vérités. Est-ce qu'il existe une tribu ou un clan 100% autochtone, c'est à dire qui ne vit intégralement, exclusivement et nulle part ailleurs qu'à l'intérieur des frontières actuelles de la RDD et cela ...

L’attentat du Café de Paris: Chonologie des événements

Le jeudi 27 septembre 199 0, vers 19heures, 4 hommes arrêtent un taxi pour demander au chauffeur de les conduire au lieu dit «Jaman-Cas»* où ils auraient un véhicule en panne. Arrivé à destination, le conducteur est purement et simplement ligoté par les 4 passagers. Ce n’est pas tout: son véhicule fut volé par les 4 malfaiteurs. Le chauffeur, «Carrabloo» de son surnom est donc laissé attaché, là-bas. Aux environs de 21 heures, l’attentat du Café de Paris est commis. Plusieurs dizaines de personnes (essentiellement française) sont blessées à des degrés plus ou moins grave et deux enfants innocents y perdent la vie: un petit cireur de chaussures djiboutien et un petit français. Selon les premiers témoignages, ceux qui ont commis cet acte à la fois lâche et ignoble, «ont lancé plusieurs grenades et pris la fuite à bord d’un taxi». Ces premiers témoins avaient donné une description sommaire du véhicule et des ses 4 occupants. «Une recherche» est lancée… Autour de 20 heures...

Cellule Informatique de l'Éducation nationale 1

Chose promise, chose due, après un long silence, me voici de retour avec deux documents authentiques datant du temps où j'étais chef de la toute première Cellule Informatique de l'Éducation Nationale. Le premier est mon premier rapport d'activité écrit le 29 octobre 1994 . C'est une sorte d'état des lieux de cette cellule qui brosse la situation qui prévalait au ministère à l'époque et surtout, qui aidera à mieux comprendre le deuxième document qui sera publié dans les jours qui viennent. Rapport sur la situation de la Cellule Informatique. Ma responsabilité effective de la Cellule Informatique de l’Éducation Nationale remonte au 15 Juin 1994, date de départ de M. Laurent Guerrini. Depuis ce jour, je suis confronté à une série de problèmes.  Les préparations des examens et des bourses commencent. La mise en service et la maintenance des matériels et des logiciels nous sollicitent beaucoup et le SDI est depuis longtemps au point mort... Bref, c'est po...