lundi 24 décembre 2012

Ecole du Q.5 : Expo 1991

''…
Xoorkii kal hore laga dhamiyo
Xusuusbaa geela lagu
Xergeeyaaye
...''


Après avoir gardé ce souvenir pendant plus de 20 ans, j'ai décidé de le partager avec vous amis, collègues, élèves, parents, compatriotes, coopérants français qui figurez dans ces vidéos. Un tel document nous appartient à tous. C'est un petit morceau de notre mémoire collective que nous devons préserver jalousement.

Il s'agit d'une exposition des œuvres des différents ateliers que l'équipe enseignante et moi avions créé à partir de la rentrée 87 (j'ai dirigé cette école de septembre 1987 au 3 novembre 1993)
À signaler qu'à l'époque, le système double-flux était la norme dans nos écoles. Nos écoliers ne passaient qu'une demi-journée dans nos classes (c'est à dire de 7h30 à 12h00 OU de 13h30 à 17:00).  À titre d'exemple, en 1991, plus de 1200 enfants fréquentaient cette école. 600 le matin et 600 l'après-midi. Désœuvrés, la plupart revenaient traîner dans les environs de l'école quand ils n'avaient pas classe. Nous avions donc décidé de les occuper en créant des ateliers (cuisine, journal scolaire, coiffure, bricolage, couture et broderie, arts plastiques, etc.) et des activités parascolaires. Nous avions même réussi un projet baptisé ''classe de mer''. Nous avions réussi le pari de tenir une classe entière (60 élèves) pendant une semaine au bord de la mer. Au programme : les activités scolaires normales plus... initiation à la voile, à l'écologie, à la nage, à la plongée sous-marime...

Certains des enfants que l'on voit dans cette vidéo sont aujourd'hui parents. Ceux qui étaient au CM2 cette année-là, ont entre 34 et 37 ans. Ils doivent avoir dépassé l'âge que j'avais ce 5/5/1991 à l'école du Q5 à 5 heures de l'après-midi (moment où a commencé l'exposition des travaux de ces ateliers). Même ceux qui étaient au CI (1ère année de scolarité) ont aujourd'hui dépassé l'âge moyen des enseignants de l'école 1991!

Comme tous leurs collègues du pays, les enseignants qui travaillaient avec moi avaient le sens du devoir. On s'appelait par nos surnoms, entre-nous. À toi ''Éléphant'', à toi ''Mohamedi'', à toi ''Aden-Cade'', à toi Fathia M, à toi Abdillahi (bouillonnant directeur sportif!) à toi Ibtihal, à toi ''ina Muraase'', à toi Hodan,  à vous  Fozia H et Yahya (l'autre couple de l'école), au deux ''DK'', à toi Mariam, à toi Malyoune, à toi Hanna, à toi Marie-France Paume, dernière coopérante d'une école de quartiers populaires. Tous et toutes se reconnaîtront.

Certains des personnes en pleine santé ce jour-là nous ont hélas quitté. Mes pensées vont à elles. Puisse Allah le miséricordieux les accueillir dans son paradis éternel. Parmi elles, l'inspectrice Amina Aboubaker (mieux connue sous le nom de Amina Barkhat). J'ai rencontré Amina devenue retraitée, à la cité Wada-Jir, en décembre 2007. Illaahoow kuu naxariiso.

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