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Qui est responsable de nos problèmes de développement?

Dans le hasard de mes recherches dans le net sur tout ce qui touche Djibouti, je suis tombé sur une page intitulée « LE RETOUR EN FORCE DU COLONIALISME EN AFRIQUE» (cliquer ici pour voir le post en question). Ce post d'ALEXIS MOHAMED, un bloggueur djibouto-français, est intéressant car lève le voile sur un sujet d'actualité et d'intérêt pour quiconque s'intéressant aux problèmes développement dans ce monde où nous vivons. Cet article comme plusieurs autres de cet auteur est très pertinent. Cependant, pour une raison qui m'échappe, l'auteur est trop généraliste et surtout cherche ses exemples un peu trop loin (Pakistan, Australie, Brésil, Argentine, etc.). Quid pour Djibouti? Dans quelle mesure un tel problème peut-il affecter notre pays, doit être notre question. C'est pourquoi, sans être un spécialiste de la question et en utilisant seulement mon bon sens de citoyen engagé, je me permet ces quelques réflexions...

C'est vrai, les pétrodollars et autres capitalistes spéculateurs envahissent les terres agricoles des pays pauvres de toute la planète. Les uns pour spéculer et/ou contrôler le cour des denrées alimentaires à leur avantage, les autres pour cultiver en masse et à bon marché des produits agricoles qu'ils ne peuvent pas cultiver chez eux pour nourrir leur population et assurer ainsi leur sécurité alimentaire.

C'est vrai. Les conséquences de ce problème vont être d'ordre écologiques à moyen et long terme (déforestation, mono cultures, emploi d'OGM, d'engrais et de pesticides chimiques, etc.). Ils seront aussi d'ordre économique. Et tout cela est bien dit et expliqué par l'auteur.

C'est vrai, tout coûtera plus cher aux pauvres de la planète qui, pour se nourrir, vont entrer en compétition avec les automobiles et autres machineries de pays riches. Car, dans les pays riches, une bonne partie des céréales et autres féculents, normalement aliments de base pour les humains ou leurs animaux, est en fait destinée à produire du méthanol (que l'on classe parmi les «bio» carburants). Certains lobbys présentent ces «bio» carburants comme LA solution aux gaz à effet de serre responsables du réchauffement global de notre planète.

Tout cela est vrai et nous touche, nous les djiboutiens, comme tous les humains de cette terre. Je dois cependant souligner que nous sommes loin de la table de décision tant notre poids économique et que notre empreinte écologique sont négligeables. Faut-il ignorer donc le sujet? Bien sûr que non car pour moi, ce problème nous affectera de façon beaucoup plus dramatiques qu'ailleurs car nous sommes un pays qui importe presque tout ce que ses citoyens mettent dans leur assiette!

Pour la petite histoire, cette histoire de «sécurité alimentaire» réveille en moi certains méga-projets (des éléphants blancs) oubliés comme «l'auto-suffisance alimentaire» pour les années 90, proclamée dès l'aube de notre indépendance par feu Gouled à PK20. Je me rappelle de notre fierté et de notre naïveté de voir une moissonneuse-batteuse déversant son flot de céréale directement dans la benne d'un camion en mouvement. Ce genre de projet sans vision me rappelle aussi feu l'usine d'aliments de bétail de Nagad ou la laiterie de Djibouti. Que des éléphants blancs! Malgré tout les milliard de l'aide de la communauté internationale, pour nous aider dans ce domaine, nous encore à la case-départ. Notre sécurité alimentaire est plus que jamais menacée.

Pour la petite histoire, faut-il aussi rappeler que même Djibouti fait partie de ces pays qui «éco-colonisent» de la terre agricole (en Éthiopie et au Soudan notamment). La première récolte de sorgho de Gadaref était arrivée à Djibouti il y a quelques mois. Mais ce genre projet, pensez-vous une seconde qu'il va nourrir au meilleur prix le djiboutien? Moi, j'en doute. Selon moi, ces projets en Éthiopie et au Soudan sont comme les fermes de Menguistu au Zimbabwé. Ils sont initiés sans doute pour l'honneur et la gloirede notre leader maximo et pour assurer, peut-être, la sécurité alimentaire de sa propre famille et/ou sa retraite.

Mais revenons à ce qui me préoccupe le plus. Le fait que l'Éthiopie loue ses terres aux plus offrants, en plus d'être une calamité de plus pour les pauvres en Éthiopie, est aussi, et surtout, une menace à la survie des plus plus pauvres chez nous car, tout sera plus cher. De plus en plus cher!

Globalisation oblige, dans ce monde, où tout se vend, chacun offre ce qu'il peut offrir, aux plus offrants. Et les plus offrants dans notre région, ce sont les pétrodollars, pas nous! Les éthiopiens vont louer leurs terres aux émirs et à leurs familles. C'est déjà commencé.

Pire, cette nouvelle forme de colonialisation nous menace d'encore plus près: elle va jusqu'à nous enlever le contrôle de nos propres ressources. La main-mise de nos ressources halieutiques est déjà entamée de façon très sournoise. Les produits de la pêche sont (et seront de plus en plus) vendus aux plus offrants (étrangers). Conséquences : surpêche (appât du gain), prix hors de portée pour les moins nantis, etc. Nos poissons et nos crustacés nourrirons de plus nantis que nous avant de se tarrir.

C'est l'économie de marché qui fonctionne comme ça me direz-vous. Peut être. Mais un état doit garantir la sécurité (sur tous les plans) de sa population dans la limite de ses moyens. La sécurité alimentaire étant la première des sécurité. Chez nous, il doit faire en sorte que nos maigres ressources naturelles soient pérennes et mises au service de notre sécurité alimentaires avant se transiger dans les marchés spéculatifs ou de garnir les tablettes des hyper-marchés des pétrodollars.

En outre, notre pays doit diversifier ses sources d'approvisionnement et refuser le monopole sur les produits de base instaurés par certains commerçants. Nous savons que telle marque de produits alimentaires ne peut être importée que par tel commerçant qui en a le monopole et en fixe le prix à sa guise. Cette pratique nuit à la saine concurrence est donc à l'économie de marché. Pourquoi le sac de riz ou sucre qui transite par Djibouti est-il beaucoup moins cher à Addis-Abeba après 700 km de transport en camion?

Enfin, quand nous abordons les grands sujets comme développement, l'économie, etc nous plaçons souvent en position de victime. Victime de qui? Si les pays pauvres ont des problèmes, c'est à cause des pays riches nous disons-nous souvent entre nous. Sans doute, ces superpuissances ont une large part de responsabilité mais nous, n'en avons-nous une certaine partie de cette responsabilité? Voyons donc! L'éco-colonisation (comme tous les problèmes liés au développement des pays pauvres, surtout africains) n'est pas une fatalité. Elle a deux responsables : le colonisateur et le colonisé. Que doit faire le colonisé? Pleurer et accuser ou commencer à se prendre en charge?

Hassan Aden
hassan.aden@ncf.ca

PS. Dans un prochain post, je parlerai du passage, à Ottawa, de DAHER AHMED FARAH, président du MRD.

Commentaires

  1. je viens de découvrir également ce blog de M. Alexis que je trouve fort interesant aussi, car il insite vraiment à la réflexion sur des jugés trés pertinents comme vous dites.

    et j'approuve sa vision de la réflexion loin des polémiques et de la politique.

    Vs devriez allez voir son dernier post sur la "relance du pacte social".

    vote blog est tt à fait interessant aussi. je vous remercie pour les travaux que vs faites tous les deux. Bravo

    RépondreEffacer

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