lundi 7 janvier 2013

Zeilah : mise à jour du 7 janvier

Dans mes articles précédents, je rapportais, entre autres, que des milices sous les ordres directs de Ismaël Omar Guelleh étaient en train de déclencher des hostilités dans la région frontalière entre la Somaliland et Djibouti. Les deux courriers des lecteurs que je viens de publier ce 7 janvier 2013 et les nombreux appels téléphoniques de jeunes gens ou de mamans en colère (encore les jeunes et les femmes!) que je reçois quotidiennement en témoignent. Les gadabourci ne décolèrent pas. Et cela, même si selon les dernières nouvelles, les milices du régime dictatorial qui monopolise tous les pouvoirs à Djibouti et étend sa main-mise loin de ses frontières se seraient repliées en territoire souverain de la République de Djibouti. Ce repli fort probablement stratégique selon la population de la région ne trompe personne. Ces populations restent d'ailleurs sur le qui-vive et des groupements d'auto-défense se préparent, elles aussi. La situation pourrait dégénérer à tout moment.

À Djibouti-ville, certaines personnes détenues par les services secrets ont été relâchées. Ces victimes taguées à vie n'expriment aucune émotion ni réaction ni encore moins de résistance. À ce sujet, faut-il souligner que les services secrets de Hassan Said Kaireh et les koofiad-cas (chapeau (béret) rouge) de la garde dite républicaine de Mohamed Djama ''Berger'' sont maintenant OPJ (officiers de police judiciaire) selon une loi imposée par le président Guelleh à ses obligés de la liste unique (qui portent le titre officiel de parlementaires). Ils peuvent donc arrêter, interroger, détenir, accuser et déférer n'importe qui à un parquet qui est lui aussi, au service de la même personne. En d'autre termes, une seule personne (le dictateur) détient les 3 pouvoirs de la république : le législatif, l'exécutif et le judiciaire! Le ministre de la justice Ali Farah Assoweh (aka Ali-Adnan) signe les mandats sans poser de question. Cela conforme ce que d'autres et moi avions toujours dit. À quand le pouvoir (officiel) d'OPJ au général Zarakia Cheik Ibrahim lui qui, tout le monde le sait, fait la loi aux frontières et dans le nord du pays!

De plus, des informations concordantes font état de la radiation sans explication du grand combattant pour la liberté, le docteur Omar Osman Rabeh. Comme il n'existe plus d'hôpitaux dignes de ce nom au pays, comme beaucoup d'autres dans son cas, ce dernier a été évacué en Égypte pour des raisons médicales. Alors qu'il était hospitalisé, sur ordre d'Ismaël Omar Guelleh, M. Rabeh a été demis de ses fonctions de directeur du CERD ( Centre d’Étude et de Recherche de Djibouti). Mais ce n'est pas tout, il serait purement et simplement suspendu sans salaire le temps des procédure administratives de radiation. Il serait donc malade et sans revenu dans un pays étranger. La compassion iogéenne. Un autre gada qui tombe. Une autre affaire dont relation avec les événements de Zeilah ne fait aucun doute.

En tout cas, cette affaire de Zeilah est loin d'arrêter de faire des remous. Je vous ferai suivre les rebondissements.

Hassan A. Adenhassan.aden@ncf.ca

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