dimanche 3 février 2013

Djiboutii.net est de retour.

L'actualité au pays et dans la sous-région est riche ces temps-ci. Ismaël Omar Guelleh défraie les chroniques outre-frontières. Il est en train de régionaliser ses problèmes personnels et cela aux risques et aux périls de la très fragile paix de la région. Trois événements le pressent. Il ne peut plus attendre.

Le premier événement est un malheur familial qui ne doit réjouir aucune personne humaine. Son beau-frère Djama Mahamoud Haid vient de décéder. Innaa Lilaah wa Innaa Ileyhi Rajicuun. En plus de la perte tragique de ce proche, Guelleh vient de perdre son argentier. Au pays, tout le monde le sait. Le défunt était le seul au courant du contenu et de la localisation des différents comptes chiffrés, ouverts un peu partout dans le monde, au nom du dictateur. Malheureusement, foudroyé par une rupture d'anévrisme, Djama n'aurait pas eu le temps d'informer IOG de la situation de ses finances off-shore. Ces finances vont sûrement connaître disparution, trous et ponctions importantes à l'instar des Mobutou et autres dictateurs africains de ce monde.

Le second événement est l'urgence créée par les élections législatives de ce févier 2013. Même s'il compte encore sur son classique plan de bourrage des urnes qui a toujours fait mouche, aujourd'hui le locataire du bunker de Haramousse voit rouge. Pourquoi? Le militant a quitté la maison RPP et consort et... Il y a beaucoup de défections ou trahisons attendues dans son état-major à cause des promesses sans lendemain. De plus, l'opposition se réorganise et les parties satellites (PND, PSD, etc.) ne sont plus aussi fiables que d'habitude. De nombreux contre-pied sont donc à prévoir.

Le troisième événements est le sacré coup porté à son influence régionale. Cheikh Sharif, une pure création et un associé de Guelleh a mordu la poussière à Mogadicio et le nouveau président, Hassan Cheikh Mohamoud, prend du gallon. Il vient de rencontrer le président Obama dans le bureau ovale. Oh! Que notre dicatateur n'aime pas ça!

À Addis-Abéba, Meles Zenawi, un autre allié sûr, n'est plus et Hargueisa ne sait plus ou donner de la tête dans ses relations avec Haramouss... Dans la région et dans le monde, les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. Guelleh voit rouge!

Il lui faut sortir un nouveau lapin de son grand chapeau magique. Hélas, après 35 ans de prestidigitation continue, il ne lui reste plus de gentil lapin. Il semble qu'au fond ce chapeau magique, il sorte quelque chose de pas beau (et qui pourrait de lui couper les doigts ou peu être plus).
Lui qui n'est habitué ni à la mauvaise surprise ni au combat à armes égal, panique et, dans un dernier geste désespéré, il met le feu à la baraque. Il exporte son conflit au delà de ses frontières pour rallier les issa derrière lui. Car les quelques fidèles cousins (Ismaël Tani, le général Zakaria, Hassan Madobeh, le colonel Berger) et les quelques mercenaires éthiopiens, somalilandais et djiboutiens qui lui restent ne sont pas assez nombreux pour le faire gagner. Guelleh cherche donc par tous les moyens à aligner les issa derrière lui... Son implication à Zeilah et sa guerre contre ses oncles maternels, les gadabourci, c'est pour cette seule et unique raison : aligner les issa derrière lui.

C'est dans ce contexte explosif que j'ai pu réunir une poignée de bénévoles motivés pour relancer et faire fonctionner Djiboutii.net (prononcer : Djibouti eye dot net). Ces derniers sont au pays ou à l'étranger. Ils sont prêts à conserver l'esprit de Djiboutii.net, "cette autre voix pour les sans-voix" djiboutiens. Ils sont prêts à ne plus rester silencieux sur les agissements de ce dictateur démoniaque qui brûle leur pays: Djibouti. Bon courage à ces jeunes de la relève. Et à eux, la barre de Djiboutii.net.

Hassan Aden
hassan.a.aden@nfc.ca

Aucun commentaire:

Publier un commentaire